5 questions à Sékou Jamal Pendessa, SG du Syndicat Professionnel de la Presse de Guinée

Élu il y a près de trois (3) mois, le nouveau Secrétaire Général du Syndicat Professionnel de la Presse de Guinée (SPPG), Sékou Jamal Pendessa se bat tant bien que mal pour être à la hauteur de la confiance placée en lui par les hommes de médias.

De passage au siège d’avenirguinee.net ce jeudi, à Gbessia, dans la commune de Matoto, le journaliste a répondu à 5 questions essentielles triées par notre rédaction.

Avenirguinee.net : Comment se porte le SPPG ?

Le syndicat professionnel de la Presse de Guinée se porte bien. Vous avez bien suivi l’élection d’un nouveau bureau. Cette équipe que j’ai eu l’honneur de conduire est déterminée à défendre les journalistes issus des médias privés et publics ; puisse qu’on a fait une ouverture aux confrères qui travaillent dans les services publics ».

Avenirguinee.net : Il y a quelques semaines, vous avez déployé des émissaires à l’intérieur du pays. Quel était l’objet de cette démarche ?

« Nous sommes dans une démarche de renouvellement de toutes nos antennes et à l’installation de nouvelles antennes. Vous savez, par le passé, on n’avait des antennes qu’à Mamou et Kankan sur les 8 régions administratives, c’était petit. Donc, le week-end dernier, on travaillait sur le plan d’action global du SPPG. A ce niveau, la syndicalisation nous a présenté sa vision, ses objectifs, sa démarche. On s’est rendu compte qu’en quelques mois, elle compte mettre ses antennes sur place de Kindia jusqu’à Nzérékoré. D’ailleurs, on a fini à Mamou. Et, Kindia est en préparation… il faut réellement qu’on soit un syndicat national pas seulement par le nom mais sur le terrain.

Avenirguinee.net : Cette initiative que vous mettez en place arrive à une période très difficile pour les médias. Le manque de publicités se reflète sur les conditions de vie des journalistes. Vous avez plusieurs fois parlé de la convention collective mais qui tarde jusque-là à être signée. Que fera votre structure pour que les journalistes vivent de leur art ?

« Les médias en général traversent une crise dans le pays. En Guinée, les médias qui puissent s’en sortir ne sont pas nombreux ; ce qui fait que la majorité des journalistes ou des employés des médias privés tirent le diable par la queue.  C’est à peu près la même chose dans les médias publics. Mais, là-bas, la différence est qu’il y a des publicités ou ils prennent forcément leurs salaires à la fin du mois. D’ailleurs, on a déjà commencé ce qui est prévu vu que c’est un vaste chantier. C’est justement l’adoption de la convention collective. Puisqu’à un moment donné, on s’est rendu compte que les médias sont tellement nombreux qu’on ne peut pas passer de médias en médias pour gérer les situations au cas par cas. Donc, on s’est dit que la meilleure solution, c’est de penser à la rédaction et à l’adoption d’une convention collective. Cette convention représente un contrat collectif pour tous les employés. Une fois signée, elle engage tous les organes de presse représentés au niveau des associations de presse signataires de la convention. Si ces associations signent, elles engagent des médias membres de leur organisation. Donc, nous estimons que quand cette convention sera signée, cela va résoudre les multiples problèmes qui existent malheureusement aujourd’hui au sein des médias.

Avenirguinee.net : Nombreux hommes de médias attendent cette fameuse convention ? Quand pourront-il l’avoir en fin ?

Pour le moment, on ne peut pas donner de date. Mais, ce qui reste clair, la rédaction de la convention est terminée ; c’est ce qu’on appelle la première mouture. On était en train de faire les travaux de restitution et d’adoption. A un moment donné, on s’est vu bloqué au niveau du tableau salarial. A ce niveau, le syndicat a proposé un salaire de base en deçà duquel on ne peut pas payer un journaliste ; il faut aller soit au-delà ou bloqué là. Maintenant, les associations patronales ont trouvé ce montant exorbitant. Si on l’applique, c’est une façon de tuer les médias. De leur côté, ils ont fait une proposition que nous avons trouvée trop petite.  Donc, ils disent eux aussi voici notre proposition et du côté du syndicat on trouve que ce qu’ils ont proposé est trop petit. Ça ne peut pas faire l’affaire des employés, puisque notre philosophie est que : lorsqu’un journaliste est bien traité, il va forcément faire un bon travail. Donc si l’esprit de la convention est respecté, c’est tout le monde qui en trouvera son compte.

Avenirguinee.net : En tant que secrétaire général du Syndicat de la presse de Guinée, pensez-vous que, comme le disent de nombreux observateurs, les journalistes des médias publics sont libres dans l’exercice de leur métier ?

Sur le plan de l’exercice du métier, tout le monde sait que la liberté est plus observée au niveau des médias privés qu’au niveau des médias publics. Ce n’est pas parce que nos confrères des médias publics ne veulent pas cette liberté ou ne peuvent pas l’avoir, ils sont soumis à des lignes éditoriales dictées par des textes qui font qu’ils sont rattachés au ministère de la communication. Si on n’arrive pas à changer le statut des médias publics pour dire que bien que vous soyez dans les médias publics, personne ne peut vous sanctionner par ce que vous avez fait valoir votre liberté de ton, votre esprit d’indépendance, ça va être très difficile pour eux.

Abdoul Karim Touré pour avenirguinee.net
624722815

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