Bras de fer entre le Mali et la CEDEAO : ‘’ c’est une leçon pour la Guinée’’ (Ousmane Kaba)

A l’issu du 4ème sommet extraordinaire de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest tenu le dimanche dernier à Accra, les chefs d’États de la sous-région ont annoncé des sanctions contre le Mali allant de la fermeture des frontières des pays de la Zone ouest-africaine à l’interdiction des transactions vers le pays. Une décision sévère qui a suscité la réaction des internautes mais aussi des hommes politiques guinéens .

A travers un entretien qu’il a accordé à la rédaction d’avenirguinee.net ce mercredi, à son bureau à Nongo, dans la commune de Ratoma, le président du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) s’est prononcé sur la question. Dr Ousmane Kaba a trouvé « dommage » ce sort réservé au Mali par les chefs d’États de la CEDEAO.

« C’est dommage pour le Mali qui est un pays frère à la Guinée. Je me souviens que le Mali est le pays qui a porté secours à la Guinée lors de l’agression de 1970. C’est le pays qui ne ferme pas ses frontières quand il y a des épidémies en Guinée, le seul. A cause de la proximité des populations et à cause du fait que c’est le même pays en réalité. Si le Mali a des problèmes, nous ressentons cela de manière directe ».

Par ailleurs, sur le communiqué du Comité National de Rassemblement pour le Développement, se désolidarisant de la décision de la CEDEAO en réitérant l’ouverture de ses frontières avec tous les pays voisins, l’ancien ministre de l’Économie guinéenne indique que cette position est « normale ». Mais, appelle les autorités de la transition guinéenne à jouer un double rôle pour aider le Mali à sortir de l’impasse.

« Sur le plan juridique, c’est tout à fait normal que le CNRD se désolidarise des sanctions de la CEDEAO. Sur le plan diplomatique, je pense qu’on aurait pu présenter mieux. Je pense que la Guinée doit faire un effort pour intervenir auprès de la CEDEAO afin d’adoucir les sanctions, mais aussi auprès des militaires maliens pour qu’ils puissent raccourcir le délai de la transition. Parce qu’en réalité, une transition ne fait pas un mandat. Je pense qu’il n’y a pas eu suffisamment de concertation avec la classe politique au Mali avant de proposer cet agenda », dit-il.

Dans le sillage, le candidat malheureux aux élections présidentielle du 18 octobre 2020 a fait savoir que ce qui arrive au Mali doit constituer une leçon pour la Guinée qui est en pleine transition.

« C’est aussi une leçon pour nous. Il faut que le CNRD associe les politiques à ces genres de démarches qui consiste à sortir un chronogramme pour la transition puisque les plus intéressés sont les partis politiques. Les partis politiques ne doivent pas décider à la place du CNRD mais, ils doivent être consultés », a conclu Dr Ousmane Kaba.

Ibrahima Sory SYLLA et Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.net
625.21.09.71/621-26-99-81

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