« C’est celui qui le dit qui l’est », quand Poutine se moque du président américain

Le président russe Vladimir Poutine s’est moqué de son homologue américain jeudi 18 mars, avant de réaffirmer que la Russie défendrait ses intérêts et travaillera avec les États-Unis là où c’est « avantageux ». Avec lepoint.fr

Les hostilités avaient été lancées par le nouveau président américain Joe Bidenqui l’avait qualifié de « tueur ». Le président russe Vladimir Poutine s’est moqué de son homologue américain jeudi 18 mars, avant de réaffirmer que la Russie défendrait ses intérêts et travaillera avec les États-Unis là où c’est « avantageux ». « C’est celui qui le dit qui l’est », a lâché, en souriant, le chef d’État russe, selon des propos retransmis à la télévision russe. « Ce n’est pas juste une expression enfantine, une blague. Le sens est profond, et psychologique. Nous voyons toujours en l’autre nos propres caractéristiques », a-t-il estimé.

Vladimir Poutine, qui a aussi dit souhaiter « une bonne santé, sans ironie aucune » au président Biden, a ensuite réaffirmé que Moscou ne se laisserait pas intimider par Washington, un leitmotiv de sa diplomatie. « Nous défendrons nos propres intérêts et nous travaillerons avec [les Américains] aux conditions qui nous seront avantageuses », a-t-il ajouté lors d’une vidéoconférence avec des représentants de la société civile de Crimée, péninsule ukrainienne que la Russie a annexée en 2014, point de départ de relations russo-occidentales toujours plus conflictuelles.

Les tensions entre la Russie et les États-Unis ravivées…

Cette passe d’armes verbale semble précipiter la relation américano-russe dans une nouvelle spirale de tensions alors que, malgré leurs multiples désaccords, les deux puissances disaient, depuis le changement d’administration américaine, vouloir coopérer sur des dossiers d’intérêts communs. Au-delà des échanges de piques, Moscou a clairement souligné que les remarques de Joe Biden relevaient de l’inacceptable. Selon le Kremlin, les propos du président américain démontrent qu’il « ne veut clairement pas améliorer les relations avec notre pays ».

Fait inédit depuis 1998, le ministère russe des Affaires étrangères a rappelé son ambassadeur aux États-Unis pour des consultations sur l’avenir de la relation russo-américaine, plongée dans « l’impasse ». Car, selon l’ambassade russe à Washington, les « déclarations irréfléchies de responsables américains risquent d’entraîner l’effondrement de relations déjà excessivement conflictuelles ». Seul signe jusqu’ici de désescalade, le département d’État américain a assuré à l’Agence France-Presse qu’il ne prévoyait pas de rappeler son propre représentant à Moscou.

Dans un entretien mercredi à la chaîne ABC, en plus de sa réponse affirmative dépeignant Vladimir Poutine en « tueur », M. Biden a voulu taper du point sur la table face au dirigeant russe. Il a dit vouloir lui faire « payer » l’ingérence dans les élections américaines de 2016 et 2020. Moscou a toujours démenti ces accusations. Vladimir Poutine « en paiera les conséquences », a prévenu Joe Biden, avant de répéter, après une relance : « Vous verrez bientôt le prix qu’il va payer. »

Ces propos ont été qualifiés par le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, d’« insulte » aux Russes et d’« attaque » contre son pays. Un vice-président de la chambre haute, Konstantin Kossatchev, a lui demandé « des explications et des excuses ». Les relations russo-américaines en particulier, et russo-occidentales en général, sont délétères depuis des années : annexion de la Crimée, guerre en Ukraine, conflit en Syrie ou encore l’empoisonnement de l’opposant Alexei Navalny.

Avec lepoint.fr

Comments are closed.