Colère noire de l’artiste Doudou Benny ‘’ nous souffrons…’’

C’est sans doute un mauvais temps pour les artistes guinéens. Depuis plusieurs mois, en raison de la pandémie du coronavirus, les activités culturelles sont suspendues en Guinée. Une situation qui perdure et provoque une vague de réactions dans l’opinion.

L’artiste chanteur, compositeur, réalisateur et concepteur de la musique traditionnelle guinéenne, Doudou Benny a ouvert son cœur lundi, lors d’un entretien qu’il a accordé à une équipe d’avenirguinee à son domicile, dans la commune de Matoto. Très proche du pouvoir Condé, il a dénoncé le silence qu’entretiennent les autorités sur la subvention du Bureau Guinéen des Droits D’auteurs (BGDA), qui accompagne les artistes.        

« …Nous faisons tout ça pour le droit des artistes. C’est le président Alpha Condé qui a permis à ce que notre droit atteigne 5 milliards. Avant, c’était 400 millions et chacun gagnait 25 mille. Mais, aujourd’hui, nous disons Dieu merci. Là où il y a problème, depuis qu’on a parlé de confinement, l’Etat doit comprendre que nous les artistes qui chantons pour sensibiliser, nous n’arrivons plus à chanter. Et pourtant nous arrivons à survivre à travers nos musiques. Mais, si on arrête tous les mouvements, on ne peut pas survivre. Beaucoup d’artistes sont fâchés, nous sommes tous fâchés parce que nous avons difficilement fait le Ramadan. Nous souffrons ! Après le ramadan, nous avions l’espoir que ça pouvait aller mais rien. Beaucoup d’artistes se sont plaints », dit-il.

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Sur les démarches qu’ils ont menées, Doudou Benny, qui dit s’exprimer au nom des artistes guinéens, a confié que « nous avons rencontré les artistes pour discuter afin de voir ce qu’il faut faire. L’Etat doit faire face à nous et payer notre droit. Ils doivent nous payer deux fois par an mais, le BGDA a fait toutes les démarches, jusqu’à présent on en parle même pas. Ils nous disent que c’est le président qui va signer, c’est vrai mais, c’est aussi notre droit comme les fonctionnaires qui sont payés tous les mois », a-t-il poursuivi.

Le concepteur du titre ‘’légué légué faré ‘’, avec un ton de l’ire, a donné un ultimatum au gouvernement pour trouver une solution à leur problème. Sinon, ils passeront à la vitesse supérieure.     

« J’ai appelé les jumeaux Damaro pour en discuter. Les gens pensent que nous vivons bien parce que nous étions avec le président pendant la campagne mais, ils doivent comprendre que nous sommes tous égaux devant le président de la République. Nous avons appelé notre ministre mais, elle-même n’a pas commencé les travaux parce qu’elle n’a même pas de bureau. Comment va-t- elle parler de nous ? Ce que nous voulons, c’est notre droit d’auteur. Si c’est le président qui doit signer, les ministres n’ont qu’à lui dire de signer les papiers. Nous avons géré beaucoup de choses pour sensibiliser les artistes mais, ils sont très fâchés. Nous leur donnons une semaine pour régler cela »,  lâche l’artiste qui n’exclut pas l’idée d’organiser une conférence de presse dans les prochains jours.

A suivre…

Mohamed Cissé et Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.net

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