Coup d’Etat en Guinée : l’analyse de Laye Mamoudou Camara 

L’histoire politique guinéenne enregistre un nouvel élément qui rend riche et varié la vie politique guinéenne agitée depuis lors. Le Coup d’État intervenu dans la matinée du dimanche 5 septembre 2021, est peut-être l’occasion pour les Guinéens de souffler le vent du changement jusqu’ici aliéné. Pourquoi ce coup d’État (I) ? Quel avenir pour un peuple mal en point dont l’immensité de ses choix se caractérise par la subjectivité(II)?

I-Pourquoi ce Coup d’État?

La vie socio-politique guinéenne a été le théâtre d’agitations depuis une dizaine d’années maintenant. Surtout avec l’avènement des élections couplées du 22 Mars 2020 qu’a accouché au troisième mandat du professeur Alpha Condé. Il fallait s’entendre à un coup de massue pour mettre un terme au règne du RPG arc-en-ciel après le changement constitutionnel qui s’est opéré dans l’imbroglio le plus total.

Les conditions de vie des Guinéens auraient pu s’améliorer au lendemain de l’ascension du RPG arc-en-ciel au pouvoir, cela fut un rêve de courte durée. La gestion de Professeur Alpha Condé a connu une grande faiblesse dans la redistribution des ressources qui a provoqué la cherté du panier de la ménagères.  En 2010 ,la confiance manifestée par le peuple n’avait autre sens que le développement et le leader idéal à l’époque était le professeur  par son parcours et son refus de collaborer avec les anciens gouvernements tel que celui de Conté. Les maux auxquels le peuple faisait face ont toujours existé malgré les promesses électorales. Delà ,est sortie des premières réticences mais comme l’échéance électorale guinéenne est guidée par le suivisme ethnique, il s’en ait tapé un autre mandat . La situation économique a été un réel problème avec des détournements incurables qui ont rendu le train de vie des Guinéens difficiles. Le pouvoir d’achat s’est détérioré par la mauvaise gestion financière.

Au-delà, la recrudescence de l’injustice et les arrestations arbitraires qu’on eut lieu avant et pendant et après les élections couplées ont fait rougir la plupart des citoyens.

La coutume viscérale de garder le pouvoir éternellement en Afrique, a failli au parcours élogieux que s’était forgé le professeur Alpha Condé. Nul doute qu’il est un leader hors-norme.

L’incapacité de choix d’un leader représentatif du parti en 2020 :

Considéré comme le plus grand parti politique en Guinée, par les querelles d’ego les membres n’ont pu élire quelqu’un au congrès dudit parti succédant au professeur Alpha Condé. Ce non choix a conduit les membres  du parti à la théorie moribonde consistant à modifier la constitution.

Ces différentes faiblesses ayant caractérisées le régime Condé ont été à la base de sa chute. Les promesses tenues pendant les campagnes de 2010 et 2015 jusqu’au changement institutionnel intervenu dans une situation très affreuse furent fatales pour le régime Condé.

Nonobstant, il faut noter les réformes qu’il a engagées dont certaines ont abouti telles que la mise place des institutions républicaines à caractère économique ,juridique et sécuritaire. Parmi ces institutions existent : La cour des comptes ,la HAC, ANIES, la réforme de l’armée jusqu’à la création des forces spéciales qui lui a été fatale. Il aura réussi à donner un nouveau visage à certaines villes par la fête tournante en rénovant les bâtiments administratifs en état dégradation avancée …

 

II- Quel avenir pour un peuple mal en point dont l’immensité de ses choix se caractérise par la subjectivité?

Les  dirigeants sont à l’image du peuple. Plus le peuple en demande, plus ils travaillent .Le peuple subit toujours . Il est le seul responsable de tout et bénéficiaire de ce que font les gouvernants. Du début à la fin ,il a une lourde responsabilité à la table . La cadence du progrès dépend de lui par rapport aux besoins qu’il exprime. c’est un rapport de force .

Le cas guinéen est difficile parfois à cerner au vu des liens sociaux déchirés qui nuisent à la vertu pourtant guide principal pour choisir. Le subjectivisme est le dénominateur commun en Guinée ce qui conduit au mauvais choix . L’élection c’est le moyen de choisir un parmi plusieurs.Ce choix doit-être objectif .  Ceci dit, cette page d’histoire se veut d’être vécu avec la plus grande honnêteté populaire pour que enfin cette république puisse voir le bout du tunnel .Pour cela ,il faut exigé :

-Une transition équitable :

Elle serait indispensable à l’avenir de la République. Cette période consiste à la réorganisation des organes administratifs et rétablissement de l’autorité étatique.L’équitabilité résulte aussi de la qualité des compétences conviées à diriger la dite transition .

Une concertation générale :

L’ouverture d’un cadre de concertation est primordial comme prévoit d’ailleurs la junte . Elle doit réunir tous les acteurs notamment, le peuple , la société civile , les partis politiques pour décider du déroulement de la transition.

-Déterminer un délai  raisonnable de la transition :

Cet aspect est crucial au regard du passé politique du pays , la plupart des militaires venus au pouvoir ont été tentés de se maintenir d’une manière à une autre . Pour   éviter une nouvelle tentative allant dans ce sens,la détermination d’un délai raisonnable est nécessaire mais il faut tenir compte de l’aspect économique du pays , qui vient de terminer des élections dont les séquelles économiques tardent à s’effacer . A cela s’ajoutent les conséquences drastiques du covid19 sur le marché public.

-Des élections transparentes:

L’organisation des élections transparentes passent par l’adoption d’une constitution approuvée par le peuple ; l’audit du fichier électoral jusqu’ici contesté  ; La mise en place d’une CENI  impartiale …

Pour ce peuple , il faut encore craindre , l’illusion qui s’en empare d’eux dès la moindre averse. La démocratie n’est pas un régime qu’offre le progrès plutôt des hommes qu’incarnent les institutions . Ils font des lois , c’est à eux d’être dans le registre de ces textes par l’exigence du peuple . Mais malheureusement en Guinée,le peuple tergiverse entre se défendre et défendre son leader  . C’est pour dire que le changement vient du peuple et se réalise par lui également.

Aux politiques , d’éviter le sectarisme politique qu’est d’une étroitesse d’esprit . Ils doivent s’inscrire dans la logique d’éducation politique. Rassembler ce peuple en défaillance avec un nouvel argument basique et solide.

Par Laye Mamoudou Camara

Diplômé en sciences politiques

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e-mail :lcamarado@gmail.com

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