Cubes de bouillon : sont-ils dangereux pour notre santé?

Les bouillons sont devenus les rois de nos cuisines. Pourquoi ? Sont-ils un danger pour notre santé ? Et quelles sont les alternatives ? Voici ce que nous savons.

Un produit bon marché

Au Sénégal, le prix du bouillon, qui est souvent de 25 francs CFA, le rend accessible à toutes les bourses.

Autrefois, les cuisinières utilisaient des exhausteurs de goût naturels comme le Guedj.

Il s’agit d’un poisson salé puis séché au goût et à l’odeur très forts, utilisé en de très petites quantités pour relever le goût des préparations à base de poisson.

Si vous en avez déjà senti un, vous vous en souviendrez.

Mais la rareté et la cherté du poisson ont eu un impact sur son prix.

Le kilo de Guedj beurre, une des variétés les plus prisées, coûte 7000 francs CFA, donc il est actuellement plus cher que le kilogramme de viande ou de poulet à Dakar.

« Les temps sont durs et la dépense quotidienne est difficile à gérer. Préparer un repas pour une famille de plus de dix personnes avec une modique somme ce n’est pas facile. Tout est cher et les femmes n’ont pas d’autres choix que d’utiliser les cubes pour donner l’illusion du goût », déplore Yvonne Sagna, une sénégalaise que nous avons rencontrée au marché Castor.

Mais est-ce sain ?

Commercialisés dans des emballages aux couleurs vives et souvent « brandés » avec des prénoms féminins, les cubes de bouillons sont composés majoritairement de sels et d’ingrédients chimiques appelés exhausteurs de goût.

Selon une étude réalisée en mai 2021 par des chercheurs du Réseau des chambres d’Agriculture du Niger, certains bouillons cubes contiennent le guanylate et l’inosinate disodiques, des produits interdits chez les enfants, et des colorants (jaune orangé E110, rouge cochenille E124, jaune de quinoléine E104).

Ces chercheurs ont étudié la composition des différents bouillons utilisés en Afrique de l’Ouest à partir de la liste des ingrédients sur les emballages.

L’étude note que pour certains cubes, ces ingrédients sont « en lettres » (inosinate disodique, glutamate, maltodextrine), et pour d’autres en chiffres (E150d, E631, E330) ou en abrégé (HVP), mais toujours en très petits caractères.

Les entreprises qui fabriquent ces bouillons insistent sur le fait qu’ils sont sans danger.

Par exemple, sur son site, Nestlé qui fabrique les produits Maggi dit : « tous les ingrédients utilisés sont approuvés par les autorités réglementaires. En outre, nous avons en place un système de qualité rigoureux pour vérifier la qualité et la sécurité de nos produits tout au long du processus de fabrication, des matières premières que nous utilisons au produit fini. Au cours de leur fabrication, les produits Maggi subissent plus de 400 contrôles qualité.»

Et plus localement au Sénégal, Patisen qui fabrique les bouillons « Adja », s’explique sur son site : « contrairement à certaines idées reçues, les bouillons ne contiennent aucun ingrédient dangereux pour la santé. Les bouillons servent uniquement à relever le goût des préparations. Toutes les accusations présentant les bouillons comme des produits toxiques ou nocifs sont donc complètement fausses et totalement mensongères. Du point de vue alimentaire, il faut éviter tous les excès : il n’est donc jamais bon de manger trop gras, trop sucré, trop épicé ou trop salé ».

Qu’est-ce que cela signifie pour notre santé ?

L’avis général est que nous devons limiter les aliments transformés dans notre alimentation.

Pour certains, cela peut inclure des cubes de bouillon.

« J’ai abandonné complétement les bouillons. J’utilise des crevettes, des crabes que je fais moudre et que j’ajoute à la cuisson. J’utilise aussi des plantes aromatique pour donner du goût avec du sel de l’ail et du laurier mais je n’utilise pas de bouillon. Quand j’utilisais les bouillons mes pieds étaient enflés, j’avais du rhumatisme. Mais maintenant que j’ai arrêté, je me sens mieux », déclare une autre vendeuse dakaroise rencontré au Marché Castor.

Aicha Yasmina Fall, nutritionniste sénégalaise, déconseille l’utilisation de bouillons.

« Ils sont riches en sels, en sucre, et ils sont riches en gras et beaucoup d’autres additifs notamment le glutamate et beaucoup d’exhausteurs qui sont industriels, qui sont pas les meilleurs, et bien sûr le mélange de tout ça dans un petit cube anodin, c’est beaucoup de risque », dit-elle à BBC Afrique.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) explique que la consommation excessive de sel est l’une des principales causes des maladies non-transmissibles, notamment certains types de cancers, les maladies cardio-vasculaires, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et l’hypertension.

Elle recommande de réduire la consommation de sel de moins de 5 grammes par jour par adulte.

Pour vous aider à visualiser, cela représente environ une cuillère à café de sel par jour.

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