Faut-il continuer à sacrifier le football guinéen ? (Par le journaliste sportif Alhoussein Sy Savané)

Opinion.Certes, la logique du football moderne voudrait qu’on évolue avec son ère mais, est-ce une obligation ? je dis non. Grâce à nos propres valeurs, l’histoire nous a donné raison en faisant de nous une référence pour les autres à l’époque. Après l’indépendance, notre meilleur résultat date de 1976 une finale perdue contre le Maroc. Depuis, nous peinons à récupérer notre valeur. Plus grave, nous continuons à crucifier du jour au lendemain les amoureux du cuir rond. Doit-on continuer à sacrifier le football guinéen ? Faut-il revenir à la case de départ ? Ces questions méritent des réponses claires, limpides et réfléchies.

Ceci dit : il est temps qu’on corrige nos erreurs pour stopper l’hémorragie, le peuple de Guinée en a marre. Aujourd’hui, la nation guinéenne souffre à travers ses équipes nationales, pour faute de capacité managériale du sommet à la base. Le Syli National perd son identité avec les sélectionneurs expatriés, sans oublier la convocation abusive de certains joueurs. Plus de 20 sélectionneurs étrangers enrôlés de 1960 à nos jours, la Guinée n’a jamais réussi à jouer les demi-finales d’une Coupe d’Afrique des Nations pour 12 apparitions, très dommage pour notre rang !

La liste est longue pour étaler nos faiblesses managériales mais, pour respecter ma plume, je préfère évoquer la CAN 2019. Une participation guinéenne du jamais vue dans l’histoire de notre football. Il n’est pas dans mes habitudes de condamner le crocodile sans avoir été à la rivière pour constater les dégâts. Avec Paul Put, ç’a été un fiasco dont jusque-là les coupables n’ont pas été jugés pour rendre la monnaie au peuple de Guinée. Et, ce qui est révoltant, c’est d’enrôler un technicien radié à vie dans son pays pour des raisons de corruption en milieu sportive. Qui en tire les conséquences ? c’est le contribuable guinéen. Ayez pitié d’eux, ce n’est pas avec les primes accordées aux équipes nationales (masculine et féminine) de football des catégories Senior, Local, Junior, Cadet, et Espoir que vous allez rattraper le temps perdu de votre vie. Sachez que le Syli National est un patrimoine à nous tous, chacun a droit à un centime. Chers encadreurs techniques et encadreurs d’appui, ayez le courage de dire la vérité au peuple de Guinée afin qu’on évite les gâchis financiers. Suivez mon regard, les 30.000 euros de salaire pour chaque technicien expatrié nous apportent quoi ? rien du tout. Il est l’heure qu’on prône pour nos propres fruits. Ce faisant avec patience et travail, nous allons retrouver notre valeur perdue. Consommons le produit guinéen.

Loin de la propagande, je miserai sans doute sur Kanfory Lappé Bangoura. Il est l’homme idéal qui, au vue de ses prouesses, il faut installer pour une longue durée. Réorganiser le football local est la solution ultime pour s’en sortir. Et, j’ose croire qu’avec Kanfory Lappé, le pari sera gagné. A titre d’exemple, Florent Ibenge, sélectionneur de la RDC en même temps entraîneur de l’AS Vita Club s’est illustré pour devenir une référence africaine. Aliou Cissé a été installé à la tête des Lions de la Téranga pour bâtir une équipe sur une durée et en toute liberté. Pourquoi pas nous ? On dit parfois qu’une voiture est le reflet de son propriétaire. Alors, changeons nos méthodes pour qu’enfin nous retrouvions notre valeur mythique car, il n’est jamais tard pour bien faire. Peut-on changer notre sort ? Soyez au service du football guinéen, il se portera mieux !

Par Alhoussein Sy Savané

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