Il faut connaître Sékou Touré pour ce qu’il fut et non pas s’en remettre à l’image caricaturale que ses adversaires lui donnent (par Prospère Delamou)

Le 26 mars 1984 disparaissait de la scène politique africaine Ahmed Sékou Touré, éminent homme politique de notoriété nationale et internationale. Artisan de l’indépendance nationale, il a, en outre, pendant 26 ans présidé, avec courage et abnégation, aux destinées du peuple de Guinée et  » fut, selon Houphouët-Boigny, l’un des plus grands défenseurs, sinon le plus grand défenseur des intérêts du continent » africain.

Parmi les nombreux livres et articles de presse qui lui ont été consacrés depuis lors, que des affabulations aux desseins combien de traîner dans la boue, de salir sa mémoire.

L’histoire qui est explication est devenue jugement. Tout est vu sous l’angle passionnel. Alors que le devoir de mémoire exige une étude exhaustive des faits de la période concernée pour mieux situer les responsabilités des acteurs et éclairer les Guinéens sur ce qui s’est réellement passé, un seul aspect est privilégié.

Sékou Touré est jugé et condamné sans appel pour avoir en particulier réprimé sévèrement les complots ourdis contre la Guinée entre 1958 et 1958; il est même accusé d’avoir dénoncé, en 1976, un « complot peulh », alors qu’il ne s’était attaqué qu’aux « peuples racistes ». Et les autres communautés n’ont pas été épargnées des dénonciations et dissuasions du révolutionnaire dans son seul but de libérer son peuple du joug de l’occupant colonial.

Un jeune penseur disait (Prospère DELAMOU) :  » Dans toute révolution, chaque nation ou communauté est touchée ou victime, mais celle qui en pleure et revendique toujours son mal, fait encore plus peur que le révolutionnaire « .

Alioune Dramé, journaliste Sénégalais, affirme de son côté que Sékou Touré est « accusé de tous les maux », assimilé au diable et mis en pâture aux médias internationaux. La pratique de l’amalgame réducteur et outrancier est systématisée. Même son rôle décisif dans la lutte pour l’indépendance de la Guinée est controversé de façon on ne peut plus éhonté. Ce n’est vraiment pas normal d’expliquer l’histoire immédiate de la Guinée à partir d’anecdotes, par la répression, l’absence de droits et de libertés, que sais-je encore, au risque d’abuser les générations montantes (que nous sommes), qui n’ont pas vécu les faits. Les jeunes, à la recherche de repères, veulent désormais, en s’inspirant des vies exemplaires, honorer la mémoire de nos héros, les vrais.

Il faut connaître l’homme (Sékou Touré biographie et parcours politique) pour ce qu’il fut et non pas s’en remettre à l’image caricaturale que ses adversaires en donnent ; le connaissant à fond et sachant en détail ce qu’il a fait et pourquoi il l’a fait, nous pourrions le juger équitablement.

L’histoire étant séquentielle et non linéaire, il nous faut parcourir obligatoirement chaque séquence et ses raisons pour mieux faire le jugement sur l’homme qui fut Ahmed Sékou Touré.

Par Prospère Delamou

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