La rue, nouvelle école des enfants devenus marchands ambulants (reportage)

C’est une pratique connue de tous mais qui passe inaperçue. Le commerce des mineurs aux abords des différentes voiries de la capitale Conakry, est de nos jours un phénomène convoité par toutes les tranches d’âge. Des enfants, souvent victimes de pauvreté, en font leur quotidien pour venir en aide à leurs familles respectives qui vivent dans une précarité absolue.

Ayant constaté l’impact de cette pratique sur les mineurs qui se voient parfois en marge de la scolarisation, la rédaction d’avenirguinee est allée à la rencontre de ces marchands ambulants le vendredi, 5 mars dernier, pour recueillir les réalités qu’ils vivent.

Rencontrée à Gbessia, une jeune fille âgée de 11 ans a confié : « Je ne suis pas à l’école. Depuis le bas-âge, j’ai souhaité qu’on me fasse inscrire à l’école. Mais, cela n’a pas abouti. Je ne suis pas avec mes parents, ce sont des bonbons que je revends au bord de la route et dès fois au marché pour que je puisse réaliser certains de mes rêves. Je contribue aux dépenses de la maison…Je suis en colère quand je vois mes amies en train de partir à l’école. Mais, j’ai pas le choix, la vie est faite ainsi », a-t-elle témoigné sous l’anonymat.

M’balia bangoura, 10 ans et vendeuse de plastiques, raconte : « je fais le commerce pour aider mes parents, ils n’ont rien. Je n’ai pas été forcée à faire ce commerce. C’est eux qui m’ont dit afin de les aider à subvenir aux besoins de mes petits frères et moi », dit-elle.

Ce petit commerce qui occupe parfois le temps de révision de ces mineurs, (si on pense à ceux qui joignent les deux), peut impacter sur les résultats de ceux qui fréquentent l’école. C’est pourquoi, Mamadi kaba, père de famille, invite l’Etat à l’assistance des parents. « Le commerce par des enfants mineurs au bord de la route n’est pas bon. Ces enfants doivent être inscrits à l’école. Mon enfant est président, il est ceci ou cela, c’est parce que tu as participé à son encadrement. Mais, si tu l’abandonne dans la rue pour faire le commerce, même s’il aime les études, s’il commence à toucher l’argent, c’est fini ; il ne va plus étudier. Ce qui provoque tout ça, c’est la pauvreté des parents. L’Etat doit accompagner les parents de ces enfants pour qu’ils puissent trouver un lieu où travailler pour subvenir aux besoins de leurs enfants », a-t-il souligné.

Il faut signaler que ces enfants (parfois mineurs) sont exposés à des dangers de la circulation. l’État, à travers le département de la protection féminine et de l’enfance, devrait plutôt adopter de nouvelles stratégies permettant la rupture de cette pratique.

Bintou Camara pour avenirguinee.net
628-62-09-34

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