Marseille : Macron promet de ne rien lâcher contre le trafic de drogue

« On ne lâchera rien » dans la lutte contre le trafic de drogue, a promis le président Emmanuel Macron devant les policiers dans un commissariat des quartiers du nord de Marseille frappés par ce fléau. « On a des résultats croissants, on va continuer et aller au bout, en créant l’irréversibilité de la fermeture des points de deal », a-t-il affirmé, en annonçant l’accélération de l’arrivée des moyens supplémentaires et des financements pour des caméras vidéo. « Les consommateurs de drogue sont des complices », a-t-il fustigé, comme l’avait déploré le ministre de l’Intérieur lors d’une visite en août, le lendemain de la mort d’un adolescent de 14 ans tué par balles près d’un point de deal.

Emmanuel Macron est arrivé sur place mercredi après-midi pour présenter un ambitieux plan destiné à donner un nouveau souffle à la deuxième ville de France. Entamé après le conseil des ministres, ce déplacement de deux jours et demi est le plus long consacré par le chef de l’État à une seule ville depuis le début de son quinquennat. Il est justifié par la place « singulière », selon l’Élysée, qu’occupe la cité phocéenne en France, mais aussi « l’urgence » de sa situation, illustrée en particulier par la recrudescence des règlements de comptes sanglants cet été. 

Prévu jusqu’à vendredi soir, le déplacement a commencé par une réunion avec une vingtaine d’élus locaux, dont la présidente de la métropole, Martine Vassal, et les députés, dont Jean-Luc Mélenchon (LFI), élu à Marseille. Un vaste périmètre de sécurité a été mis en place sur les quais du Vieux-Port, qui baigne encore dans une atmosphère estivale. La visite s’est poursuivie sur le terrain, à la rencontre des habitants de la cité Bassens, dans ces quartiers Nord de la ville, gangrenés par la violence et les trafics de stupéfiants.

« On a une école abandonnée »

Prenant un véritable bain de foule dans cette cité du 15e arrondissement, le chef de l’État a d’abord dialogué avec des jeunes rassemblés sur un muret pour le voir. « On a une école abandonnée, il y a rien pour nous », lui a lancé l’un d’entre eux. « L’éducation, c’est primordial, il faut miser dessus pour pas que les jeunes dérivent », a insisté un jeune éducateur intervenant dans une cité d’un arrondissement voisin, les Marronniers, où un adolescent de 14 ans a été tué par balle le 18 août près d’un point de deal. « Les jeunes, une fois qu’ils ont le pied à l’étrier, ça va », a-t-il ajouté. Mais alors qu’Emmanuel Macron doit annoncer une aide importante pour rénover des écoles dans un état déplorable dans la deuxième ville de France, cet éducateur a demandé qu’il y ait « une traçabilité des fonds », pour que les choses s’améliorent vraiment. Progressant au milieu de la foule, Emmanuel Macron est ensuite allé parler à un groupe de femmes, tenant même la main de l’une d’entre elles très émue. « J’ai tellement souffert, il n’y a pas de mots, je veux partir » de la cité, lui a lancé une autre d’entre elles.

�� « Nos jeunes sont en souffrance »

Le cri du cœur d’une habitante de Marseille face à Emmanuel Macron

En fin d’après-midi, le président abordera le sujet de l’insécurité, au commissariat nord de Marseille, après un été marqué par une douzaine de règlements de compte sanglants, toujours sur fond de trafics de drogues. « C’est une ville dans une situation financière exsangue, qui n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être. Cela fait longtemps qu’elle rate ses rendez-vous », regrette son maire socialiste Benoît Payan, 43 ans, interrogé par l’Agence France-Presse. Il ne demande cependant pas qu’Emmanuel Macron « fasse l’aumône » durant sa visite, dont le point fort sera la présentation du plan « Marseille en grand » jeudi après-midi au palais du Pharo. Soucieux de respecter les susceptibilités locales, l’Élysée assure que « ce plan a été coconstruit en lien étroit avec différents acteurs, en particulier les élus locaux » et qu’il ne s’agit pas que « Paris gère Marseille ».

Accompagné de sept ministres, le chef de l’État devrait annoncer le déblocage d’importants moyens financiers dans trois secteurs dans lesquels Marseille affiche un grand retard structurel : les écoles, les transports et la rénovation urbaine. Il les détaillera notamment en assistant jeudi matin à la rentrée dans une école des « quartiers nord » les plus populaires. La municipalité a lancé un vaste plan de rénovation de plus de 200 des 472 écoles de la ville pour un montant de 1,2 milliard d’euros, dont une partie sera prise en charge par l’État. Emmanuel Macron devrait également faire des annonces pour combler le déficit criant de transports collectifs à Marseille, qui ne compte que deux lignes de métro pour 900 000 habitants dans la ville et près de 1,6 million dans l’agglomération. Des investissements sont en outre attendus dans la réhabilitation des logements insalubres près de trois ans après la mort de huit personnes dans l’effondrement d’un immeuble rue d’Aubagne.

Avec lepoint.fr

Comments are closed.