Matoto: des travailleurs d’une usine dans la rue pour réclamer l’amélioration de leurs salaires

Tôt ce vendredi matin, les travailleurs de l’Usine de Bonbon et Savons KKT Royal Sweets.Sarl, située dans la commune de Matoto, ont battu le pavé à la devanture de la cour de l’unité industrielle pour, disent-ils, protester contre le traitement « indigne » qui leur est réservé par leur employeur. Par ailleurs, ces grévistes réclament l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail à travers l’augmentation de leurs salaires, l’interdiction du travail nuitée pour les femmes…

Interrogé sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés, Alhassane Sylla, employé de l’usine a fait au reporter d’avenirguinee que : » Nous souffrons ici depuis plusieurs années, on nous paye 26 à 28.000fg par jour. Même si tu discutes  avec les pakistanais  il te vire de la cour et te retire leur  tenue, certains de nos amis ont rendus l’âme d’autre de l’eau  chaude  est versé  sur eux quand tu  meurs  il rien ne sort . Nous sommes des pères  de famille  ils doivent nous  considérer . Certains sont  là  ils ont fait  plus de 20 ans sans être  embauché, ce que nous mangeons ici on dirait  le mangé  des poules », déplore t-il.

Sous anonymat, cet autre protestataire dénonce l’attitude d’un certain Elhadj  Ousmane  Barry qui, selon lui, serait complice des responsables : »nous défendons nos droits. Les pakistanais, quand ils viennent, à 2 ans, ils se retournent chez eux parce qu’ils sont payés entre 18 à  20.000.000 FG. Nous les guinéens qui sommes là, même les embauchés ne sont pas payés à 1.500.000fg. les contractuels et les journaliers sont payés à 700.000fg et 800.000fg le mois… Quand  nous demandons du lait, Elhadj Ousmane Barry, est le collaborateur des pakistanais, il nous dit qu’on a pas droit au lait. Il dit qu’on  » ne doit  pas payés les guinéens  parce qu’ils ne travaillent pas , ils ne doivent pas avoir du bonheur mais plutôt les pakistanais doivent  avoir  tous ».

Et de poursuivre:  » Quand tu es dehors, tu es guinéen. Mais à  l’intérieur tu es esclaves . Nous souffrons dans cette usine. Avec Elhadj, les pakistanais ont toujours raison. On lui a dit d’augmenter le journalier à  60.000fg , les embauchés à 90.000fg il dit qu’il refuse, il ne signera pas », a laissé entendre cet employé sous anonymat.

Sur les travaux nuitées pour les femmes, Fatoumata Bangoura a révélé : » quand on vient à 08h c’est à 20h qu’on se retourne. Nous ne sommes pas bien payés, nous voulons  qu’ils changent nos heures de travail, nous sommes des femmes mariées. Certaines quittent  chez elles à 18h pour le travail jusqu’au matin elles sont là, même  900.000fg nous ne prenons pas comme  salaire. J’ai fais 9ans ici, on vient de m’embaucher, même si tu tombes malade, tu n’es pas prise en charge », a-t-elle martelé avec un ton pressant.

Quant au syndicat des travailleurs, représenté Mamadou Saidou Bah, il indique que plusieurs démarches ont été menées pour ne pas en arriver là. Mais, dit-il : » Le vieux  ne comprend pas. Cela fait 5 ans nous sommes dans le syndicat mais impossible de nous trouver un bureau. On en a marre. Donc, si nos conditions ne sont pas réglées, nous n’allons pas travailler. Les pakistanais nous virent comme ils le veulent, nous n’avons aucun respect  ici. Rien ne peut nous faire arrêter  tant  que nos conditions ne sont pas mises au clair », a-t-il prévenu.

Au-delà de l’augmentation de leurs salaires, ces grévistes réclament la réduction des heures de travail à 8 heures, l’embauche de tous les travailleurs à partir de 2 ans, la prise en charge des travailleurs en cas de maladie, la mise en place d’un bureau de syndicat, le renforcement des capacités des travailleurs à travers des formations….

Bintou Camara pour avenirguinee.net
628-62-09-24

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