Mauvais état du cimetière de Simbaya 1: l’endroit devenu le refuge des animaux (constat)

Ceci n’est plus un secret de polichinelle ! A Conakry, de nombreux cimetières présentent des images de désolations fracassantes. Les murs qui servent de protection des tombes sont complètement délabrés ; certains ont cédé sous la force du vent. Faute de surveillance et de rénovation, ces lieux sacrés sont malheureusement devenus le pâturage des animaux errants et des personnes de mauvaise intention. Après le cimetière de Yimbaya-école, c’est celui de Simbaya 1, situé dans la commune de Matoto, qui a attiré l’attention de la rédaction d’avenirguinee.net.

Sur la corniche reliant le quartier Yimbaya au carrefour Cosa, derrière le camp militaire Alpha Yaya Diallo, nous avons trouvé un cimetière grandement ouvert à la vue de tous. La clôture en état de délabrement très poussé peut s’effondrer à tout moment. Ce, sous les yeux impuissants des citoyens de la localité qui manquent de moyens pour la rénovation.

 Interrogé, le président de la jeunesse, Algassimou Banagoura est revenu sur les difficultés qu’ils rencontrent dans la réhabilitation du cimetière délabré : « Nous avons commencé le travail de remplissage en mettant la terre rouge. Mais, à chaque fois qu’on fait appel à une machine pour disperser cette terre, il nous demande de payer soit 6.000.000 fg ou 7.000.000fg, c’est ce qu’on a fait jusqu’à aujourd’hui. Mais, malheureusement, on a plus de moyens pour assurer le tout », a-t-il dit.  

 Poursuivant, il souligne que : « les animaux passent la nuit ici, les chiens… Vous voyez déjà, les moutons et les chèvres. Quand la nuit tombe, il y a des personnes aussi qui viennent faire leurs sales besognes ici sur des corps ou sur des tombes, alors que se reposent des grandes personnalités, des hauts gradés de l’État, nos papas et mamans, les grands religieux…» a-t-il déploré.

 Le gardien de ce lieu sacré où reposent de nombreux morts, Issa Conté a raconté son calvaire en ces termes : « La nuit, on ne dort pas bien parce que les gens viennent ici pour déterrer des corps, couper leurs linceuls et enterrer les talismans « sèbès » (objets fabriqués par des charlatans pour une cause parfois non noble) dans les tombes. Parfois, c’est moi qui les bloque. L’année passée, les gens sont venus ici déterrer un cadavre, tout le monde connaît ça. Même la journée, les gens profitent pour mettre les  » sèbès  » sur les tombes ou prendre la terre des tombes pour d’autres fins », a raconté notre interlocuteur. Et d’ajouter : « Donc, il faut que le gouvernement nous aide rapidement pour achever les travaux d’ici sinon, ce n’est pas bon, c’est exposé, les gens voient tout ce qui se passe à l’intérieur du cimetière ».

De son côté, le chef du secteur qui abrite ce cimetière, a dit comment se passe l’inhumation depuis son délabrement : « Actuellement, quand tu viens pour un enterrement, vous êtes d’abord obligés de déterrer deux tombes pour en enterrer un autre. Par après, vous enterrez le dernier. C’est pourquoi, nous avons décidé de mettre la terre pour qu’il devienne nouvelle afin d’éviter tout cela », a laissé entendre Amadou Camara.

A la suite de toutes ces interventions, le premier imam de la mosquée Simbayah 1, El hadj Issiaga Conté a, quant à lui, lancé un appel aux autorités et aux personnes de bonnes volontés : « la situation de ce cimetière, je ne peux pas vous dire tout. Car, ça nous dépasse de voir le cimetière ainsi. C’est pourquoi, je demande à toute personne de bonne volonté, le gouvernement et les institutions de nous venir en aide. On n’a pas les moyens financiers aujourd’hui pour mettre la clôture. Le cimetière, c’est chez tout le monde. Donc, ils n’ont qu’à nous aider », a-t-il lancé.

Depuis 2020, le cimetière de Simbaya présente ces images. Une situation qui n’honore pas les autorités religieuses et ceux qui y ont enterré leurs parents.

Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.net 

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