Repos biologique: comment vivent les pêcheurs du port de Bonfi ?

Comme chaque année, le gouvernement guinéen, à travers le ministère des pêches, a interdit à partir du 1er juillet dernier, toutes les opérations de pêche dans ses eaux jusqu’au 1er septembre prochain. La mesure vise à favoriser l’évolution des poissons afin qu’ils puissent être consommés par un grand nombre de personnes.

Pour constater la vie de ceux qui évoluent dans cette activité, une équipe de reportage d’avenirguinee.net s’est rendue mercredi dernier au port de pêche de Bonfi, dans la commune de Matam. Trouvé sur place, Alpha Seny Camara, pêcheur depuis plusieurs années, s’est réjoui de la tenue de cette décision par les autorités : « cette décision est bonne pour nous pour plusieurs raisons : elle permet non seulement aux poissons de se reproduire, mais aussi aux pêcheurs de se reposer. En plus, c’est une période de vent violent sur la mer qui peut coûter la vie aux pêcheurs.  Donc, c’est une bonne décision du gouvernement ».

Cette interdiction n’a-t-elle pas de conséquences sur le déroulement des activités ? « Pour le moment non ! », dit-il. Mais, poursuit Camara, « cela va impacter le panier de la ménagère parce que cela trouve souvent qu’il n’y a pas de stock de poissons », a-t-il expliqué.

Pour éviter la rupture de poissons, Ibrahima Cissé révèle qu’il y a « d’autres qui sortent mais ne vont pas loin en mer. Ils pêchent juste certains poissons pour ne pas qu’il y ait rupture au niveau de la population », a-t-il confié

Si les hommes ne se plaignent pas, les femmes quant à elles, disent être dans une grande souffrance.  Makalé Bangoura, qui a porté les voix féminines de ce port, a indiqué que cette décision « nous impacte beaucoup. En cette saison des pluies, le prix du poisson est très cher ».

Pour pouvoir stocker les fruits de mer, elle lance un appel au gouvernement : « nous demandons au gouvernement de nous aider à avoir une chambre froide et un hangar, parce que tous les poisons que nous prenons ne finissent pas le même jour.  S’il n’y a pas où on peut garder le reste, ça devient très compliqué », a-t-elle lancé.  

Ibrahima Sory Camara et Abdoul Karim Touré pour avenirguinee.net

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