Sanctions de la CEDEAO contre le Mali : « les guinéens sont avertis, il faudrait qu’on fasse vite » (Makanéra)

Après la sortie du Comité National de Rassemblement pour le Développement (CNRD) lundi soir, réitérant l’ouverture de ses frontières avec les pays voisins notamment le Mali, le président du Front National pour le Développement (FND) s’est montré non adhérant à cette décision de la junte au pouvoir en Guinée.

Selon Makanéra Kaké, le communiqué du CNRD sur la question des sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali est « maladroit ».

« On devait quand même avoir une posture de pouvoir négocier avec la CEDEAO, et pour la Guinée et pour le Mali. Parce qu’il faut retenir qu’avant que la CEDEAO ne puisse prendre une décision, elle consulte l’UA et les autres institutions internationales. Deuxièmement, il faut comprendre que dans le monde actuel, il y a ce qu’on appelle l’ordre international qui permet de maintenir la stabilité. Lorsque vous violez l’ordre international, vous risquez fort. Quand un grand et un petit se battent, les grands ne vont jamais s’aligner derrière le petit. Parce que c’est ce qui maintient la stabilité et c’est cela l’ordre international…Pour celui qui maitrise la géostratégie, avant de poser les actes, il doit comprendre certaines règles qui président le fonctionnement du monde », indique-t-il.

Et d’ajouter : « il faut comprendre que les Etats n’ont pas d’âme, ils n’ont que des intérêts. Tous ceux qui parlent aujourd’hui, s’ils ont plus d’intérêt avec les 13 pays de la CEDEAO et les autres pays de l’Union Africaine, sans oublier les autres de l’Union Européenne, même si vous commencez, vous ne finirez pas ; ils vont vous abandonner. Parce qu’ils ne sont pas présidents pour le peuple de Guinée ou pour celui du Mali, ils sont présidents pour leurs peuples. Donc, tout ce qui va enfoncer leurs pays dans la misère, ils n’accepteront pas…Donc, je pense qu’il faut avoir une position de réconciliateur au Mali et tenir compte de ce qui se passe dans ce pays pour pouvoir faire en sorte que cela n’arrive pas en Guinée », a ajouté l’ancien député à l’Assemblée Nationale.

Finissant, il a fait savoir qu’en prenant compte de ce qui arrive au Mali, les autorités de la transition guinéenne doivent faire vite pour éviter le même sort.

« Moi, je pense que les guinéens sont avertis. Il faudrait qu’on fasse vite pour qu’on puisse avoir un chronogramme consensuel avec les acteurs politique d’une part, et la communauté internationale d’autre part pour éviter ces sanctions. Parce qu’elles peuvent impacter négativement la vie de la population guinéenne. La plupart de ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ont une quarantaine d’années, donc ils ont une vie après le pouvoir. Et, quand ils sont condamnés par la communauté internationale, surtout tous les régimes libéraux, le monde va être trop petit pour eux après le pouvoir. Donc, il faut qu’ils préparent la sortie du pouvoir », a mentionné l’un des principal acteur du 3ème mandat d’Alpha Condé.

Ibrahima Sory SYLLA et Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.net
625.21.09.71/621-26-99-81

Comments are closed.