Sans procès, il passe 1 an en prison pour un viol dont il n’est pas l’auteur, la justice le libère

Il s’agit de Lansana Camara, accusé d’avoir violé une fille de 6 ans, qui a été libéré après être innocenté ce mardi, au tribunal de première instance de Mafanco. Il a été placé en détention préventive depuis le 12 novembre 2020, soit une année avant d’être déclaré non coupable.

A l’ouverture de son procès hier, l’accusé a rejeté les faits de viol sur mineur retenus contre sa personne. Et, il a fait savoir que ces accusations ont été portées à son encontre parce qu’il était en désaccord avec le papa de la fille.

« je ne l’ai pas violée. Je loge dans la même cour que cette fille et ses parents. Un jeudi, vers 16 heures, après avoir fini de faire mon sport dans la cour, je suis entré dans ma maison pour enlever mes vêtements de sport et aller prendre un bain. Entretemps, Mme Aminata (la mère de la petite fille) est venue frapper plusieurs fois à ma porte, avant de l’ouvrir de force. Lorsqu’elle a ouvert la porte, j’étais en train de me changer pour aller me laver. Et automatiquement, elle s’est mise à m’insulter. Pendant ce temps, il y avait mon neveu au salon. Je lui ai dit de ne pas m’insulter, mais elle a continué de le faire. C’est ainsi que j’ai répliqué, en l’insultant aussi. Quelque temps après ça, des gendarmes sont venus m’arrêter et m’envoyer à la gendarmerie pour me dire que j’ai violé sa fille. Ce n’est pas vrai. Je jure que je ne l’ai pas violée. C’est parce qu’il y avait des antécédents entre son mari et moi qu’elle me poursuit devant la justice », a indiqué Lansana Camara.

Cette version des faits a été démentie par la mère de la fille qui a laissé entendre que : « Ce jour-là, quand je suis rentrée du marché, j’ai trouvé que tous les enfants étaient en train de jouer à la terrasse, mais je n’ai pas vu ma fille. Je l’ai appelé plusieurs fois, elle n’a pas répondu. Quand j’ai insisté, elle est sortie de la chambre de Lansana Camara. Dès qu’elle est sortie, je l’ai frappée et l’ai fait entrer dans notre chambre. Ensuite, je suis allée frapper à la porte de Lansana Camara, qui n’a pas répondu. Et puisqu’il n’a pas répondu, j’ai forcé pour ouvrir la porte et j’ai trouvé qu’il était en train de porter son caleçon. Je lui ai dit sur place que ce que j’ai vu ici, je n’aime pas ça entre nous. Automatiquement, il s’est mis à crier contre moi. J’ai répondu que s’il insiste, je vais révéler ce que j’ai vu et tout ce qui en sortira après, il va assumer les conséquences. Finalement, et lui, et sa mère, se sont mis à m’insulter. C’est ainsi que j’ai expliqué à mon mari qui était au boulot. Après ça, on a envoyé la fille à l’hôpital Donka pour faire un examen médico-légal. A l’issue de cet examen, les médecins nous ont dit que la fille a été touchée. C’est ainsi qu’on a décidé de porter plainte contre Lansana Camara », a expliqué Mme Aminata. 

Après avoir entendu les deux parties, la procureure a trouvé les arguments de la plaignante non convaincants. Et, Joséphine Loly Tenkiano a estimé que rien ne prouve la culpabilité de l’accusé.

« Les faits reprochés à Lansana Camara se sont déroulés le 12 novembre 2020 et l’examen médico-légal a été fait le lendemain. Le médecin légiste a indiqué que la fille en question est victime de défloraison sexuelle, mais que cette défloraison est ancienne et que les parties intimes de la fille étaient propres. Mieux, la partie civile n’a fourni aucune preuve qui justifie la culpabilité de l’accusé. Elle s’est basée sur le doute qu’elle a eu entre Lansana Camara et sa fille pour porter plainte contre lui. Elle-même a dit ici qu’elle n’a pas vu Lansana Camara en train de violer sa fille. Et vous savez que le doute profite à l’accusé. C’est pourquoi, monsieur le président, le ministère public, qui requiert à charge ou à décharge, a l’obligation de requérir qu’il vous plaise d’ordonner le renvoi de Lansana Camara pour des fins de poursuite pour des faits de viol non constitués », a demandé la procureure.

A la suite des débats, le tribunal a déclaré Lansana non coupable des faits et a ordonné sa libération.
  
Ibrahima Sory SYLLA pour avenirguinee.net

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