[Tribune] Umaro Sissoco Embaló : les agitations puériles d’un président qui se trompe de cible !

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Bien avant son élection controversée à la magistrature suprême de la Guinée-Bissau (un pays présenté dans la sous-région, à juste raison, comme un terreau fertile pour les coups d’Etat et une plaque tournante du trafic de drogue), l’on constate, avec beaucoup de regret que l’actuel homme fort de Bissau, Umaro Sissoco Embaló, par ses agitations puériles, donne l’image hideuse d’un président qui ne sait pas vraiment ce pourquoi il occupe le palais présidentiel de son pays. Il s’illustre plutôt par ses sorties indignes d’un dirigeant responsable et respectueux des normes diplomatiques. Et sa cible préférée n’est personne d’autre que le président Alpha Condé, un panafricaniste  convaincu et dont l’attachement à la démocratie n’est plus à démontrer. Sur les plateaux de télévision, sur les ondes de radios de grande écoute, dans les colonnes des journaux ou sur sites d’information, il ne rate plus aucune occasion pour s’en prendre à l’actuel locataire de Sékhoutouréya, dont le seul crime est d’avoir toujours battu à la régulière et à plate couture son grand ami et frère Cellou Dalein Diallo. Récemment, il ne s’est pas empêché de confier aux journalistes, que s’il était Guinéen de Conakry, il voterait pour le candidat de l’UFDG à la présidentielle du 18 octobre. C’est tout dire. Et pour la célébration de la fête nationale de son pays,  Umaro Sissoco Embaló a superbement ignoré le Pr. Alpha Condé sur la liste de ses invités. Il semble oublier que cet homme préside aujourd’hui aux destinées du pays qui a ouvert le bal des indépendances en Afrique francophone et qui a joué un rôle déterminant dans la guerre de libération de la Guinée-Bissau. Amilcar Cabral et ses compagnons du PAIGC n’avaient-ils pas pour base-arrière la Guinée de Sékou Touré qui les a accueillis à bras ouverts et les a aidés dans leur noble combat. Sous Conté, les soldats guinéens, à plusieurs reprises, sont allés en Guinée-Bissau pour éviter à ce pays limitrophe la déstabilisation et le saut dans l’inconnu.

Il faut rappeler qu’après son élection contestée à la tête de la Guinée-Bissau,  Umaro Sissoco Embaló s’est fait investir en petit comité le 27 février, sans attendre la décision finale de la cour suprême du pays qui devrait statuer sur le contentieux électoral. Sa fameuse prestation de serment a eu lieu en présence du président sortant Vaz (battu dès le premier tour), du premier vice-président de l’Assemblée nationale populaire, Nuno Nabiam, du président de la commission électorale, du procureur général, du chef d’état-major et des députés membres du Parti du renouveau social et du Mouvement pour l’alternance démocratique G-15.  C’était sous protection militaire et en l’absence de tout chef d’État ou représentant de la communauté internationale. Son premier voyage officiel a lieu au Sénégal, dans le cadre d’une tournée qui l’a aussi mené au Niger et au Nigeria. Il ne sera reconnu par la CEDEAO que le 23 avril 2020.

Mais curieusement, au lieu de se mettre à la tâche pour trouver solution aux nombreux problèmes auxquels ses compatriotes sont confrontés (trafic de drogue, instabilité institutionnelle, corruption au sein de l’administration et dans l’armée), Umaro Sissoco Embaló préfère faire diversion en s’attaquant au professeur Alpha Condé, un roc politique contre lequel il ne peut que se casser les dents.

Ibrahima Sory CISSE

 

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