Violences à Wanindara :’’ j’ai passé six jours en prison avant de payer un million de francs guinéens’’(victime)

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Le quartier Wanindara, dans la commune de Ratoma, fief de l’opposition, est devenu l’épicentre des violences ces derniers temps en Guinée. Ce samedi, 31 octobre, une délégation de la société civile conduite par la plateforme  » Le Regard du Peuple » a rendu visite aux victimes des manifestations politiques. Objectif, présenter les condoléances à ces familles visiblement très tristes, qui ont perdu leurs enfants, leurs habitations, leurs magasins et boutiques dans ces violences éclatées au lendemain du scrutin présidentiel du 18 octobre dernier.

Prenant la parole, Alpha Abdoulaye Barry, l’une des victimes, a témoigné en ces termes « Vous avez vu tout ce qui s’est passé dans ce quartier, on a été attaqués par les militaires au nom du Ministre de l’Administration du Territoire le Général Bouréma Condé. Il y a une concession tout près des rails vers le quartier Kissosso, c’est lui qui a envoyé les militaires ici avec un groupe de jeunes militants qui nous ont attaqués. Ils ont tout détruit. Donc, l’unique responsable de tout ce qui s’est passé ici, c’est Bouréma Condé », dit-il.  

« Ces jeunes qui portaient des tenues militaires avec des armes, pourchassaient les jeunes du quartier. Quand les jeunes fuient, ils attaquent des boutiques et vident tout le contenu. Au-delà des boutiques, ils rentraient aussi dans les concessions des gens prendre leurs biens. C’est là-bas que moi je suis venu intervenir, ils m’ont pris et j’ai passé six (6) jours en prison avant de payer un million de francs guinéens pour ma libération », a poursuivi Alpha Abdoulaye Barry.

Cette autre victime, qui a perdu son fils dans ces évènements, a dit son regret de constater que la justice n’est jusque-là pas rendue.

 » Mon fils était parti pour chercher son petit frère, c’est lorsqu’il était en train de laver son vissage dans un bassin d’eau, que les militaires ont tiré la balle réelle sur son ventre, il est mort sur place avec son ami conducteur de moto taxi qui a aussi reçu la balle sur la tête. Leurs corps ont été déposés à l’hôpital Ignace Deen. Il n’y a pas de justice jusqu’à présent », a déploré Mamadou Dian Bah, père de Mamadou Kaba, jeune tué à la T5, dans la commune de Ratoma.   

Le vendredi dernier, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo qui s’était auto-proclamé président de la République le 19 octobre, a appelé ses militants à la suspension des manifestations politiques jusqu’au mardi prochain.   

Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.net

 

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